Depuis plusieurs jours, une vague de contestation secoue le Rassemblement des Bâtisseurs (RdB), une plateforme associative dédiée à la propagande politique et à la mobilisation des masses populaires en faveur du candidat Brice Clotaire Oligui Nguema lors de l’élection présidentielle en cours. En cause, une série de dysfonctionnements dénoncés par les responsables d’associations, de syndicats et d’ONG, allant de la gestion opaque des enrôlements et gadgets à l’absence de transparence sur les fonds de campagne électorale. La situation a atteint un point critique ce lundi 31 mars 2025, lorsque plusieurs responsables associatifs ont envahi le siège du RdB à Okala, dans le 1er arrondissement de Libreville, exigeant des réponses claires.
Des accusations lourdes contre le RdB
Les griefs à l’encontre de la direction du RdB sont nombreux et variés. Parmi les principales plaintes figurent la perte de fichiers contenant les données des enrôlés lors des premières phases à l’immeuble Abiba, au centre-ville de Libreville, une gestion jugée chaotique des gadgets de campagne, et une absence de rigueur dans l’organisation des rencontres avec la presse. À cela s’ajoute un déficit de communication interne et externe, rendant la collaboration entre la plateforme associative et ses partenaires associatifs de plus en plus difficile.
L’un des points les plus sensibles concerne la question des fonds de campagne électorale. De nombreuses associations revendiquent des financements promis, qui, selon elles, ne leur ont jamais été versés. « Nous avons mobilisé nos membres pour soutenir le candidat, mais aujourd’hui, nous sommes laissés pour compte », déplore un responsable associatif sous couvert d’anonymat.
Une direction du RdB en position défensive
Face à l’ampleur de la contestation, Marc Ona Essangui, responsable des associations au sein du RdB, accompagné de son adjoint Luc Odias Souna, a tenté de désamorcer la crise en organisant une conférence de presse au siège du RdB à Okala. Devant les journalistes, les deux hommes ont cherché à calmer les tensions en rejetant toute accusation de détournement ou de favoritisme.
« Les dysfonctionnements constatés sont liés au retard dans la mise en place de notre dispositif, mais en aucun cas à une mauvaise gestion délibérée », a déclaré Marc Ona Essangui. Son adjoint, Luc Odias Souna, a quant à lui affirmé avec fermeté qu’aucune association n’avait reçu de fonds de campagne ni bénéficié de privilèges particuliers. Une déclaration qui peine à convaincre, tant la frustration des associations semble profonde.
Un malaise persistant et des incertitudes sur l’avenir
Malgré les tentatives d’apaisement de la direction du RdB, la colère des associations ne faiblit pas. Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer un audit interne sur la gestion des ressources du parti et une meilleure structuration du partenariat entre le RdB et les mouvements associatifs. Sans réponse concrète aux revendications, le risque d’un divorce entre la plateforme associative et ses soutiens de terrain devient de plus en plus réel.
Cette crise met en lumière les failles de la gestion des mouvements associatifs au sein des structures politiques gabonaises. Elle pose également la question de la transparence dans l’utilisation des fonds alloués aux campagnes électorales. Alors que la campagne présidentielle, entamée le 29 mars dernier, se poursuivra jusqu’au 11 avril avant le scrutin du 12 avril, le RdB doit rapidement trouver une issue à cette situation sous peine de voir son efficacité en tant que plateforme de mobilisation compromise.
Affaire à suivre…
Times Infos
Par Nancy Nguema.