Gabon : Une élection sous tension, l’abstention en véritable enjeu du scrutin du 12 avril

Le 12 avril 2025, les Gabonais seront appelés aux urnes pour choisir leur prochain président. Huit candidats sont en lice pour cette élection cruciale, dont le général Brice Clotaire Oligui Nguema, actuel dirigeant de la transition, qui aspire à poursuivre les réformes engagées depuis la chute du régime Bongo en août 2023. Pourtant, au-delà de la compétition politique, un adversaire invisible mais redoutable menace l’issue du scrutin : le taux d’abstention.

Une élection déterminante pour l’avenir du Gabon

Cette élection présidentielle marque un tournant historique. Pour la première fois en plus de cinq décennies, le pays tourne la page de la dynastie Bongo et s’ouvre à une nouvelle gouvernance. Les huit candidats présentent des visions contrastées, mais tous s’accordent sur un point : la nécessité de restaurer la confiance des citoyens en l’appareil d’État. Dans ce contexte, le taux de participation sera un indicateur décisif pour mesurer l’adhésion populaire aux idées de renouveau.

L’abstention : un mal profond enraciné dans la défiance

Depuis plusieurs décennies, le Gabon enregistre un taux de participation électoral en constante diminution. Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs : la défiance à l’égard de la classe politique, l’absence de résultats tangibles dans l’amélioration des conditions de vie et un sentiment de fatalisme qui pousse de nombreux citoyens à se désintéresser des scrutins.

« Pendant trop longtemps, nos votes n’ont pas changé nos réalités. Nous avons l’impression que les élections sont un rituel sans impact réel », confie Sylvain Mboumba, un commerçant de Libreville. Cette résignation est partagée par une large frange de la population, notamment chez les jeunes qui représentent pourtant une force décisive dans le pays.

Mobilisation des jeunes : un enjeu majeur

Malgré ce climat de scepticisme, certains leaders d’opinion et organisations de la société civile tentent de mobiliser les électeurs. Parmi eux, Amir Alexandre Carron, secrétaire général de l’ONG Union des Jeunes pour des Actions Communautaires (UJAC), appelle à un sursaut civique : « Nous devons nous engager massivement et voter pour éviter que notre avenir soit décidé sans nous. Le Gabon est à un tournant, et chaque voix compte. »

Les réseaux sociaux et les médias locaux jouent également un rôle crucial dans cette campagne de sensibilisation. Des initiatives telles que des débats citoyens, des campagnes d’information et des sessions de formation sur l’importance du vote sont organisées pour inciter la population à se rendre aux urnes.

Une élection test pour la transition

Le scrutin du 12 avril ne sera pas seulement un choix entre huit candidats ; il sera aussi un test grandeur nature pour évaluer la capacité du Gabon à organiser une élection libre, transparente et crédible. La Commission électorale et les observateurs internationaux surveilleront de près le déroulement du vote afin d’éviter toute contestation qui pourrait fragiliser le climat politique post-transition.

En fin de compte, le plus grand défi du scrutin ne sera peut-être pas la confrontation entre les candidats, mais la capacité des Gabonais à renouer avec l’espoir et à reprendre en main leur destin à travers une forte mobilisation. La réponse se trouvera dans les urnes le 12 avril.

Times Infos 

Par Nancy Nguema.

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