Gabon : L’ARTF paralysée par des querelles internes, la feuille de route Présidentielle au point mort

Depuis leur nomination à la tête de l’Autorité de Régulation des Transports Ferroviaires (ARTF) le 19 décembre 2024, Dr Adrien Moukabi, Secrétaire Exécutif, et Banga Eboumi, Président du Conseil de Régulation, peinent à instaurer une dynamique de travail cohérente. Loin de suivre la feuille de route imposée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, les responsables de cette entité stratégique sont plongés dans une lutte de pouvoir délétère qui menace le fonctionnement de l’institution.

Une guerre de clans au sommet de l’ARTF

Au lieu de se consacrer à la modernisation et à la régulation efficace du transport ferroviaire gabonais, l’ARTF est aujourd’hui le théâtre d’un affrontement féroce entre deux camps bien distincts. D’un côté, Dr Adrien Moukabi et son équipe, de l’autre, Banga Eboumi et ses partisans. Les tensions internes se traduisent par des actes d’insubordination, des accusations de détournements de fonds et des confrontations musclées, mettant à mal l’image et l’autorité de l’organisme.

Cette crise a atteint un paroxysme lors d’une réunion tenue le 27 mars dernier à l’initiative des syndicats de l’ARTF, le SYNA-ARTF et le SNAARF. L’objectif de cette rencontre était d’apaiser les tensions et de restaurer un climat de travail serein. Cependant, loin d’aboutir à un compromis, la réunion s’est transformée en un champ de bataille verbal, marqué par des invectives et un climat de défiance absolu.

Un climat délétère qui inquiète les agents

Les employés de l’ARTF, en première ligne face à cette situation, expriment leur désarroi face à une gouvernance paralysée. « Jamais je n’avais vu une telle scène : des cris, des accusations de détournements de fonds lancées publiquement, des coups de mains fortes sur la table en pleine réunion ! C’est une situation totalement aberrante », s’indigne un agent présent lors des échanges houleux du 27 mars.

Pour beaucoup, ce climat d’instabilité ne fait qu’aggraver les difficultés de l’ARTF, alors que les défis en matière de régulation du transport ferroviaire sont déjà considérables. L’absence de leadership efficace compromet les réformes attendues et renforce la méfiance des employés envers leurs dirigeants.

Une assemblée générale décisive avant l’élection présidentielle

Face à cette impasse, les syndicats ont décidé de convoquer une assemblée générale extraordinaire prévue pour le 1er avril 2025. Cette rencontre, qui se tiendra à l’esplanade de l’ARTF, vise à exiger des comptes et à interpeller les autorités sur la nécessité d’une restructuration profonde de l’organisme.

Cette crise survient dans un contexte politique particulièrement sensible, à moins de dix jours du scrutin présidentiel du 12 avril 2025. La campagne électorale ayant démarré le 29 mars, l’incapacité des responsables de l’ARTF à appliquer les directives du Chef de l’État pourrait bien peser dans la balance et accélérer des décisions drastiques.

Brice Clotaire Oligui Nguema face à un dilemme

Pour le président Oligui Nguema, cette situation met en lumière une problématique plus large : celle de la gestion des institutions stratégiques du pays. L’ARTF, censée être un pilier de la modernisation du secteur ferroviaire, est aujourd’hui engluée dans des conflits personnels qui entravent sa mission.

Le Chef de l’État devra trancher rapidement : maintenir cette gouvernance chaotique en espérant un sursaut d’efficacité, ou opérer un remaniement structurel pour redonner à l’ARTF la crédibilité et l’autorité nécessaires à la mise en œuvre des réformes ferroviaires. Dans un contexte électoral aussi tendu, une décision forte pourrait envoyer un signal clair sur la volonté présidentielle d’imposer rigueur et discipline au sein des institutions.

L’assemblée générale du 1er avril sera donc un moment charnière. Si aucune solution concrète n’émerge, il est fort probable que l’ARTF devienne l’un des premiers dossiers brûlants à traiter après l’élection présidentielle.

Times Infos 

Par Nancy Nguema.

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